Pourquoi la psychanalyse va se pencher sur la vieillesse comme s’il s’agissait d’un symptôme, d’une maladie?
Comme dans les autres étapes de notre vie mais plus particulièrement lors de la vieillesse, le système capitaliste dans lequel nous vivons ne s’intéresse pas outre mesure au bien être des vieux, des vieillards.
Nous oublions les vieux et les vieux s’oublient eux-mêmes. On ne parle pas de leur beauté, de leur savoir, leur expérience, nous ne profitons pas de leur vitalité ou trop peu.
Un homme qui ne sourit que quand il se souvient, c’est un homme mort dit Miguel Oscar Menassa
Je ne vais pas m’attarder ici sur les préjugès sociaux qui touchent ce moment vital mais simplement souligner l’importance de réitérer que vieillir n’est pas mourrir. Il y a de nombreuses manières de mourir. Mourir vivant, mourir bien en vie, vivre jusqu’à la mort.
Lors de la vieillesse, la dernière étape de la vie, tout change, comme dans les autres moments de la vie, les amours, les amis, les obligations, la vitesse, la force…
Dans l’appareil psychique il n’y a pas de représentation de la mort, voilà pourquoi ce qui nous inquiète c’est ce qui d’une certaine manière la représente: la vieillesse. On la voit venir, avec ses rides, ses cheveux blancs ou la perte des cheveux, l’alopécie, puis l’arthrite, l’arthrose, les rhumatismes, etc…
On pourrait dire que la vieillesse c’est perdre petit à petit, des possibilités, des amours aussi… Alors, la question est bien là, perte ou transformation?
Dans cette étape de la vie, la perte est un élément central mais selon la psychanalyse c’est aussi un élément constitutif du sujet. Tout au long de notre vie, nous avons perdu, l’enfance perdue, l’innocence, les idéaux, puis certains êtres chers, puis un travail et si le refoulement existe, en tant que concept, c’est le carrefour où l’homme perd une partie de lui-même pour être, dans cette dépendance aux autres. L’infamie de ne plus jamais restituer ce qui a été perdu et la véritable perte c’est l’idée de notre immortalité. En attendant, toute tentative de restitution de ce qui a été perdu pour être, se paie par la maladie, la mort, la folie.
Alors, si j’arrive au troisième âge et que je n’ai pas appris à élaborer la perte, les pertes, c’est le moment de se psychanalyser. La psychanalyse c’est l’instrument théorique qui apporte la liberté pour vivre et nous enseigne de manière très claire, que substituer ce n’est ni abandonner ni trahir, c’est une possibilité de l’humain qui ouvre toutes grandes, pour le sujet, les portes de l’amour et de la création souligne Menassa.
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