Les tocs peuvent guérir avec la psychanalyse. Clémence Loonis psychanalyste

 

 

La névrose obsessionnelle, dite aussi « maladie du tourment », appartient à la catégorie des névroses de transfert.
Qu’entend-on par là ?
Une névrose de transfert désigne un ensemble de troubles dont l’origine se situe dans la sexualité infantile. Cette expression ne renvoie pas à des souvenirs enfouis du passé, ni à des événements vécus durant l’enfance. Elle désigne plutôt une sexualité infantile actuelle, présente chez l’adulte — ce que l’on pourrait appeler l’« infans » d’aujourd’hui.
Ici, il convient de revenir sur la notion de temps en psychanalyse, car elle diffère radicalement du temps chronologique. La psychanalyse n’opère pas dans une logique de déterminisme, de causalité linéaire ou de positivisme. Elle propose une autre façon de penser, ce qui constitue précisément son intérêt : elle ouvre une brèche dans notre mode de pensée habituel.
Lorsqu’un sujet atteint de névrose entre en psychanalyse, on observe quels désirs inconscients s’expriment dans sa conscience, sous des formes déguisées. Ces désirs trouvent leur satisfaction dans les symptômes. C’est cette sexualité infantile actuelle que nous interprétons — non pas un passé figé, mais quelque chose de présent, et donc transformable.
Autrement dit, rien dans l’enfance ne permet de prédire l’avenir. Aucun acte spécifique ne « provoque » la névrose : une telle conception relèverait du positivisme ou du rationalisme, étrangers à la psychanalyse. Tout part de l’adulte qui souffre, qui endure, qui patit de ses symptômes, et qui y trouve paradoxalement une satisfaction. Car ce que la psychanalyse révèle, c’est qu’au cœur même des tourments qui harcèlent le sujet, il existe une satisfaction pulsionnelle. Freud l’a bien montré : l’être humain ne renonce jamais à ce qui lui a procuré du plaisir.
Que faire alors ? Se psychanalyser pour apprendre à jouir autrement — pour découvrir, à travers l’écoute, quels désirs se dissimulent derrière les symptômes.
« Gozas más que sufres »tu jouis plus que tu ne souffres, sinon tu demanderais de l’aide… Ainsi, pour abandonner cette « maladie du tourment », il faut entreprendre une psychanalyse.

 

Regardez la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=p6hsJRdZDXA