LA DÉPRESSION, UNE MALADIE DOULOUREUSE
Parler de mélancolie, va nous dire Miguel Oscar Menassa, c’est encore parler de chacun d’entre nous, parce que qui n’a pas perdu un amour, un idéal, un rêve, ou a du changer de ville, de pays, de famille, dans toutes ces situations, on court le risque deproduire une mélancolie…
Nous allons rappeler quelques éléments fondamentaux de la mélancolie, en particulier dans sa relation avec le deuil, en prenant comme référence, bien entendu, l’approche de Sigmund Freud.
Dans les deux cas, il se produit une perte (c’est peut-être le véritable point commun : la perte). Mais, dans le deuil, il s’agit d’une perte réelle : la mort d’un être cher, une séparation ou toute situation dans laquelle l’objet aimé cesse effectivement d’être présent dans la réalité.
Dans ce processus, le sujet dirige son intérêt presque exclusivement vers ce qui lui rappelle l’objet perdu. De l’extérieur, le deuil peut sembler être une maladie, mais il ne l’est pas. Il s’agit d’un processus psychique normal et nécessaire. En perdant un objet aimé, il se produit un profond désintérêt pour la réalité extérieure et un retrait de la libido. Cependant, son identité n’est pas atteinte. Comme le souligne Miguel Oscar Menassa, le sujet en deuil n’a pas cessé d’être celui qu’il était : il ne perd ni ses qualités, ni son intelligence, ni sa valeur. On peut dire qu’il perd quelque chose de lui-même, mais il ne perd pas son moi.
Ainsi, dans le deuil, il n’y a pas de perte du moi. C’est une question centrale pour comprendre pourquoi le deuil n’est pas considéré comme une maladie. Il ne s’agit pas seulement d’un processus temporaire, mais du fait que, malgré la douleur et la tristesse, le sujet reste lui-même.
Une caractéristique essentielle du deuil est donc sa temporalité : c’est un processus qui aura une résolution. Avec le temps, le sujet reconnaît progressivement la réalité de la perte — l’objet n’existe plus dans le monde extérieur. Cette reconnaissance implique un travail psychique au cours duquel la libido — l’énergie psychique — se détache peu à peu de l’objet perdu. Une fois la perte acceptée, le sujet est en mesure d’investir de nouveaux objets : la libido retrouve sa mobilité, peut à nouveau circuler, se lier, aimer.
Mais bien sûr, il faut compter avec ce que nous a enseigné freud, face à la demande surgit une opposition chez le sujet, nous savons que l’homme n’abandonne jamais avec goût aucune des positions de sa libido, même quand il a déjà trouvé une substitution.
En revanche, dans la mélancolie, les choses ne se passent pas de la même manière, et c’est là que surgissent des différences fondamentales avec le deuil.
La mélancolie se déclenche également à partir d’une perte, mais, comme l’indique Sigmund Freud, cette perte n’est pas nécessairement réelle ; et lorsqu’elle l’est, le sujet ne sait pas ce qu’il a perdu dans ce qu’il a perdu. La perte concerne un objet inconscient : il ne s’agit pas forcément de quelqu’un qui a disparu, mais de quelque chose relevant du désir, lié au sexuel, que le sujet ne peut pas reconnaître consciemment.
Regardez la vidéo: https://youtu.be/mg4g6Y0878o
